Pendant plusieurs jours, dès qu'elle en a la possibilité, Eva se rend dans la salle d'eau et essaye de tourner la poignée en question, mais rien n’y fait. Le long tournevis est trop gros et prend trop de place dans sa main pour passer dans la cavité, le stylo pas assez grand et solide pour atteindre la faire pivoter et les mains trop douloureuses pour forcer davantage.
Jour après jour Eva passe de plus en plus de temps dans la salle de bain au grand désespoir de sa mère.
Carolina élève seule sa fille depuis maintenant onze ans. Elle a quitté le père d'Eva après trois années de vie commune dont les deux dernières furent très difficiles à supporter.
Elle croyait que c'était le bon. Il lui offrait tout, l'amour, le bonheur, la sécurité, la tendresse...
Quand Eva est née, ils vivaient le parfait amour, un comte de fée. Les gens les jalousaient. Deux ans après ils s'installaient et batissaient de grands projets d'avenir ensemble. Malheureusement, il se mit à boire, et l'alcool n'aidant pas, il perdit son emploi.
Leur histoire se termina sur un coup de poing en plein visage.
Carolina réveilla sa fille en pleine nuit et s'enfuit pendant que son bourreau cuvait sur le canapé du salon.
Ne l'ayant jamais reconnu officiellement, et malgrés ses recherches, Patrick, le père d'Eva, n'eut la possibilité de les retrouver.
Carolina est employée par un grand groupe bancaire depuis plusieurs années et a très peu de temps le matin pour se préparer et se rendre sur son lieu de travail du fait d'horaires de transports en communs qui ne lui sont pas favorables.
Eva ne va plus en cours, sa mère l'a désormais accepté par la force des choses.
Réticente à toutes formes d’autorité depuis quelques temps, sa mère n'a plus la moindre emprise sur elle. La seule chose qu'elle peut faire c’est subir les ronchonnements de sa fille capricieuse, à qui elle cède tout ou presque. Parfois, elle la rappelle à l'ordre en la menaçant de son arme secrète favorite. Elle à beau avoir seize ans, tant qu'elle est mineure, sa mère à le pouvoir de l'envoyer dans un camps de redressement où l'autorité règne en maître.
Elle n'aimerait pas en arriver à un tel extrême mais lorsqu'elle utilise cette technique, ça calme à coup sûr les ardeurs de sa fille.
Eva essaye désespérément de tourner cette poignée depuis maintenant quelques jours sans succès. Elle est sur le point d'abandonner quand lui vient l'idée d'examiner de plus prêt le problème. Elle réccupère un des morceaux du miroir cassé dans la poubelle, le place dans le fond de la cavité de façon à ce qu'en éclairant avec une lampe torche, le reflet du miroir lui donne une image très claire de ce qui se trouve sous la poignée. Car depuis quelques temps, elle a découvert au touché que sur la tranche inférieure de l'objet on sentait quelque chose de soudé ou de collé, mais jusque là, impossible de le voir car le morceau vertical qui sert de prise à la poignée pour la rotation, cache directement cette partie.
Une fois le tout mit en place, elle a une vue directe sur le dessous de l'objet. Elle distingue rapidement que ce qu'elle touchait jusqu'à présent n'était qu'un cache à charnières, sculpté et perforé, couvrant autre chose. Sans aucun problème, en glissant un ongle dessous, il s'ouvre et dévoile ce qu'il dissimulait jusqu'à présent. Et là, surprise, ça ressemble à une fente qui n'attend qu'une chose, qu'on y glisse une sorte de clé.
Elle bondit de joie.
_ Génial ! Une serrure ! Faut que je trouve la clé et le tour est joué !
Faut que je réfléchisse.
D’un bond, elle se dresse debout sur son lit moelleux, abandonnant les oreillers garnis de plume d'oie recouverts de taies aux odeurs de pêche de vigne dans lesquelles sa tête n'a cessée de chauffer ces dernières heures . Elle court jusqu’à la salle de bain pour trouver d’autres indices. Laissant s'échapper de la chambre un mince filet de fumée d'encens aux notes fruitées. Essoufflée par ces cinq, six enjambées. Elle reprend d'abord son souffle, une main appuyée sur chacune des cuisses avant de franchir la porte. L'oeil vitreux elle se redresse entre dans la pièce et se dirige vers ce qui' l'intéresse. En y regardant de plus près, elle découvre que les motifs du cache lui rappellent quelque chose. Elle a déjà vu cela quelque part mais la question est : Où ?
Après quelques minutes de réflexion...
_ J’ai trouvé, cette forme je l’ai...vu…dans...le…« Livre de la Destinée » !