Depuis quelques temps déjà elle restait seule. Elle se complaisait à laisser s'écouler les journées. Elle n'assistait plus aux cours depuis plusieurs mois dût à son
incapacité à accepter l'autorité. Elle rêvassait, plantée devant la télévision, n'effectuant aucune tâche ménagère qui aurait put soulager sa mère. Dans sa tête les choses étaint claires.
Personne n'avait jamais rien fait pour elle alors elle ne ferait jamais rien pour les autres. Rien ne la préoccupait. Si, une chose en réalité. Son nez. Elle le trouvait laid, gros, et
imposant. C'est certainement ce point précis, qui a alimenté son besoin de solitude.
Eva avait seize ans et elle se souciait beaucoup de son apparence. Alors, elle essayait des crèmes, toutes plus malodorantes les unes que les autres. Certaines lui donnaient
des boutons, d'autres lui brulaient l'épiderme mais aucune ne venait à bout de son problème. Les heures, les jours, les semaines, les mois s'écoulaient et rien ne s'arrangeait, tant au niveau
physique que psychologique.
La feuille du bloc éphéméride de la veille laisse place à celle du jour : 17 avril 2012.
Dans la salle de bain, ce matin là, avec pour seul but de le faire mousser un maximum entre ses mains, Eva manipule avec frénésie le morceau de savon à la couleur ambrée et à
l'odeur de miel. Il est réputé bon pour la peau des jeunes adolescentes. Par malchance ou par maladresse, il lui échappe et vient fracasser le miroir qui se touve juste en face d'elle. Ce
dernier se brise en petits morceaux dans un bruit assourdissant. Après avoir ramassé les éclats jonchés sur le sol et dans le lavabo, son regard se porte sur ce qui se trouvait jusqu'à
présent derrière...
Un des carreaux de la belle faïence bleutée qui recouvre toute la surface murale de la salle de bain, donne l'impression d'avoir également subit l'onde de choc du projectile
savonneux. Etant brisé lui aussi, il laisse apparaître un vide à la place du bêton qui devrait se trouver derrière. Eva tire sur les fragments du carreau restant qui une fois enlevés, laissent
place à une petite cavité bien taillée dans la pierre. Elle n'est pas très large ni très haute, à peine la place de passer une main de jeune fille, mais tout de même assez profonde, puisqu'elle
arrive à y entrer tout son avant bras. A l’intérieur, après avoir jeté un coup d'oeil rapide au fond, Eva sent quelque chose. Une sorte de poignée, sculptée, elle n'a pas une forme
traditionnelle, elle sent que c'est froid, que c'est incrusté dans la paroie du fond et légerement humide.
Cric ! Cric !
_ C’est coincé, pas moyen de tourner cette foutue poignée, ni dans un sens ni dans l’autre.
Cette découverte l’intriguant fortement, elle décide de n’en parler à personne jusqu’à ce qu’elle ait découvert comment réussir à la faire pivoter .
Pour ôter tout soupçon à sa mère, Eva entreprend de décrocher le miroir de sa chambre qui est par chance, identique à celui de la salle de bain. Elle le remplace, ainsi
personne mis à part elle, ne saura ce qui se cache derrière.